Ibn Taymiyya : son reniement du ta-wil (interpretation) des salafs (partie 1)

Ibnou Taymiyya : son reniement du ta-wil (interpretation) des Salaf (partie 1)

Quant à sa parole concernant la négation de l’interprétation détaillée de la part des compagnons et des Salaf, il l’a mentionnée dans plus d’un livre à lui. Ainsi, il a dit dans ses « Fatawa » après une discussion :

«  Et je n’ai pas trouvé jusqu’à l’heure actuelle de la part d’aucun compagnons qu’ils auraient interprété quelque chose des ‘ayah ou des hadith des attributs contrairement à ce qu’implique leur sens connu (apparent)» Fin de citation.

Voir la citation de ibn taymiyya tome 3 page 246 :

   

Nous répondons à cela en disant  : Allah ta’ala dit    :

هُوَ الَّذِي أَنْزَلَ عَلَيْكَ الْكِتَابَ مِنْهُ آيَاتٌ مُحْكَمَاتٌ هُنَّ أُمُّ الْكِتَابِ وَأُخَرُ مُتَشَابِهَاتٌ فَأَمَّا الَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ زَيْغٌ فَيَتَّبِعُونَ مَا تَشَابَهَ مِنْهُ ابْتِغَاءَ الْفِتْنَةِ وَابْتِغَاءَ تَأْوِيلِهِ وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلَّا اللَّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آَمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِنْ عِنْدِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلَّا أُولُو الْأَلْبَابِ

Cette ‘ayah signifie : « C’est Lui Qui a fait descendre sur toi le Livre au sein duquel il y a des ayah explicites qui sont la base de l’interprétation du Livre et d’autres [ayah] non explicites. Quant à ceux dont les cœurs recèlent une déviance, ils se basent sur les ayah qui ne sont pas explicites à cause de leur passion à faire tomber les gens dans l’égarement et pour interpréter le Qour-an conformément à leur déviance, mais seul Allah et ceux qui sont versés dans la science en savent l’interprétation, ces derniers disent : nous avons foi en ce qui figure dans le Qour-an, tout le Qour-an est de la part de notre Seigneur, mais ne s’en rappelle que ceux qui utilisent correctement leur raison »

Allah ta’ala nous informe dans cette ayah qu’il y a dans le Qour-an des ayah mouhkamat qui sont la base de l’interprétation du Livre et des ayah moutachabihat que l’on renvoie pour les comprendre aux ayah mouhkamat.

Les ayah explicites (mouhkamah): ce sont celles qui n’admettent qu’un seul sens du point de vue de la langue, ou encore celles dont le sens qui est visé est clairement connu. C’est le cas de Sa parole ta’ala :

لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَىْء

[souratou ch-Choura / 11] qui signifie : « Rien n’est tel que Lui », de Sa parole :

وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَد

[souratou l-Ikhlas / 4] qui signifie : « Et Il n’a aucun équivalent » et de Sa parole ta’ala :

هَلْ تَعْلَمُ لَهُ سَمِيّاً

[souratou Maryam / 65] qui signifie : « Lui connais-tu un seul semblable », c’est-à-dire qu’Il n’a assurément pas de semblable.

Les ayah non explicites (moutachabihah) : ce qui n’est pas explicite (al-moutachabih), c’est ce dont le sujet indiqué n’est pas apparu, ou bien ce qui admet selon la langue plusieurs sens et nécessite donc une réflexion pour lui donner le sens qui est en concordance avec les ayah explicites (mouhkamah). C’est le cas de Sa parole ta’ala :

الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

[souratou Taha / 5] (Ar-Rahmanou ‘ala l-‘archi stawa)  .

Il est possible que Sa parole ta’ala :

وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ

[souratou Ali ‘Imran / 7] constitue le début d’une phrase, et il est possible qu’elle soit coordonnée au nom de gloire « Allah ». Selon la première possibilité, ce qui est visé par le moutachabih, c’est ce dont Allah s’est spécifié par Son omniscience, il s’agit de ce qui est de l’ordre de l’avènement du Jour dernier, de l’apparition du faux Messie (ad-dajjal), et ce qui est de cet ordre. Par conséquent, personne ne sait quand arriveront ces choses-là sinon Allah. Selon la seconde possibilité, ce qui est visé par le moutachabih, ce sont les ayah dont le sujet qu’elles indiquent n’est pas apparu, ou bien ce qui admet plusieurs significations selon la langue et nécessite donc une réflexion pour lui donner le sens qui est en concordance avec les ayah explicites (mouhkamah), comme Sa parole ta’ala :

الرَّحْمَنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَى

[souratou Taha /  5] (Ar-Rahmanou ‘ala l-‘archi stawa). Selon cet avis, ceux qui sont versés dans la connaissance (ar-raçikhouna fi l-‘ilm) font partie de l’exception, ce qui est appuyé par la parole de Moujahid de Ibnou ‘Abbas qu’il a dit : « Moi-même, je fais partie de ceux qui en connaissent l’interprétation. »

Al-Qouchayri a dit dans At-Tadhkiratouch-Charqiyyah :

« Quant à la parole de Allah ‘azza wa jall :

وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ

[Souratou Ali ‘Imran / 7] qui signifie : « Et n’en sait le terme fixé que Allah », ce qui est visé par cela, c’est l’heure de l’avènement du Jour dernier. Les idolâtres avaient en effet interrogé le Prophète à propos de l’avènement du Jour dernier, dans quelle époque il viendrait et quand il aurait lieu. Cette ayah non explicite fait donc référence à la science de ce qui nous est caché (ghayb). Nul ne sait l’issue des choses sinon Allah ‘azza wa jall.

Pour cela, Il dit :

هَلْ يَنْظُرُونَ إِلاَّ تَأْوِيلَهُ يَوْمَ يَأْتِي تَأْوِيلُه

(hal yandhourouna il-la ta-wilahou yawma ya-ti ta-wilouh) c’est-à-dire « N’attendent-ils que l’avènement de l’heure du jour dernier  ?  ». De plus, comment serait-il possible à quelqu’un de dire à propos du Livre de Allah ta’ala, qu’il s’y trouve des choses qu’aucune créature n’aurait les moyens d’en connaître la signification et dont nul ne sait l’interprétation sinon Allah ? Ceci n’est-il pas une des façons les plus graves de porter atteinte aux sujets liés aux prophéties ? Et comment serait-il possible de dire que le Prophèt (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) n’a pas connu l’interprétation de ce qu’il a transmis au sujet des attributs de Allah ta’ala et qu’il a appelé les créatures à connaître ce qui ne peut être connu ? Allah ne dit-Il pas  :

بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين

(biliçanin ‘arabiyyin moubin) ce qui signifie  : « Dans une langue arabe claire» ? Ainsi, selon leur prétention, il leur serait obligatoire de dire qu’Il ment lorsqu’Il dit  :

بِلِسَانٍ عَرَبِيٍّ مٌبِين

(biliçanin ‘arabiyyin moubin) ce qui signifie  : « Dans une langue arabe claire », puisque cela ne peut pas être connu selon eux ! Sinon, où serait donc cette clarté ? Le Qour-an est dans la langue des Arabes, comment prétendre que les Arabes ne le comprennent pas puisqu’il est en arabe? Que dire donc d’une parole dont la signification revient à attribuer le mensonge au Seigneur, gloire à Lui Qui est exempt de toute imperfection ?

De plus, le Prophète appelait les gens à adorer Allah ta’ala. Si dans ce qu’il transmettait à la communauté, il y avait eu une parole dont Allah seul sait l’interprétation, les gens auraient pu lui dire : « Explique-nous d’abord Qui tu nous appelles à adorer et ce que tu dis », car la croyance en ce dont la base ne peut être connue n’est pas réalisable –c’est-à-dire n’est pas possible–. D’autre part, attribuer au Prophète qu’il aurait appelé à adorer un Seigneur ayant pour attributs des attributs que l’on ne peut comprendre est une chose grave, qu’aucun musulman ne peut concevoir. En effet, ignorer les attributs entraîne le fait d’ignorer Celui Qui a ces attributs. Le but de ce propos, c’est que celui qui a un peu de raison sache et discerne bien que la parole de celui qui dit : (Son istiwa est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens, Son yad est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens et Son qadam est un attribut qui Lui est propre et dont on ne peut comprendre le sens), cette parole est une tromperie, comportant implicitement une qualification par un comment s’agissant de Allah, la considération qu’Il aurait des ressemblants et aussi un appel à l’ignorance. La vérité apparaît ainsi clairement à celui qui est doté de raison. De plus, celui-là même qui nie l’interprétation, est-ce qu’il nie l’interprétation dans tous les cas et à propos de toute ayah ou est-ce qu’il se contente de nier l’interprétation seulement à propos des attributs de Allah ta’ala ?

S’il s’abstient de l’interprétation de façon absolue, il aura aboli la Loi et les sciences de l’Islam car il n’y a pas de ayah ni de nouvelle rapportée sans qu’il y ait besoin d’interpréter et de connaître les différents sens des termes et des phrases selon la langue, hormis pour ce qui est explicite, de l’ordre de Sa parole ta’ala :

وَخلقَ كلَّ شىءٍ وَهُوَ بِكُلِّ شَىْءٍ عَلِيم

[souratou l-An’am /101] qui signifie : «  Il a créé toute chose et Il est Celui Qui sait absolument tout » En effet, il y a des choses qu’il est indispensable d’interpréter, il n’y a pas de divergence à ce sujet chez les gens raisonnables, mis à part chez les irréligieux dont l’objectif est d’abolir les Lois de l’Islam.Sa croyance en cela entraîne l’invalidité de ce qu’il prétend être de ladévotion à la Loi de l’Islam.

S’il dit qu’il est permis de faire des interprétations d’une façon générale sauf pour ce qui a trait à Allah et à Ses attributs et qu’il n’y a pas d’interprétation possible Le concernant, cela revient donc à dire que ce qui concerne autre chose que Allah ta’ala, il serait un devoir de le connaître et que ce qui concerne le Créateur et Ses attributs, il serait un devoir de s’en éloigner; et cela aucun musulman ne peut l’admettre. Le fond de la question est que ceux-là mêmes qui s’interdisent l’interprétation (ta-wil), ils croient en la réalité même de l’assimilation (tachbih). Seulement, ils fraudent et disent qu’Il a un “yad” pas comme les “yad”, un “qadam” pas comme les “qadam” et un “istiwa” par Son Être pas comme nous percevons les choses avec nos raisons. Alors, que celui qui fait partie des gens véridiques et dotés de compréhension dise : ce sont là des paroles qu’il est indispensable de tirer au clair. Votre parole : “Nous considérons le sujet selon le sens qui vient communément à l’esprit et nos raisons ne peuvent en saisir la signification”, cette parole se contredit elle-même. Effectivement, si tu interprètes selon le sens qui vient communément à l’esprit, à ce moment-là le sens qui vient communément à l’esprit de “saq” dans Sa parole ta’ala :

يَوْمَ يُكْشَفُ عَنْ سَاقٍ

[souratoul-Qalam / 42] (yawma youkchafou ‘an saq), c’est le sens du membre inférieur qui est constitué de la peau, de la chair, des os, des ligaments et de la moelle. Si tu retiens ce sens qui vient communément à l’esprit et que tu t’attaches à admettre ces organes, c’est donc de la mécréance. En revanche, s’il ne t’est pas possible de retenir ce sens –c’est-à-dire si tu n’as pas cela pour croyance– alors où est ton principe de retenir le sens qui vient communément à l’esprit  ? N’auras-tu pas abandonné le sens apparent et n’auras-tu pas reconnu que le Seigneur est exempt de ce que laisse penser le sens apparent ? Alors comment t’en tiendras-tu à retenir le sens apparent ? Si maintenant notre adversaire dit  “ce sont des sens qui viennent communément à l’esprit qui n’ont pas de signification au fond”, alors ça serait juger que ces ‘ayah sont caduques, qu’il n’y avait pas d’utilité à nous les transmettre et qu’elles sont en pure perte ; et cela c’est quelque chose d’impossible. Dans la langue des Arabes, il y a de larges possibilités d’utilisation des sens figurés et beaucoup de richesse dans le langage. De plus, les arabes connaissaient les racines des mots et comprenaient les diverses significations. En définitive, celui qui s’écarte avec aversion du ta-wil en s’attachant au sens apparent, c’est en raison de son peu de compréhension de la langue. Quant à celui qui a de vastes connaissances dans la langue arabe d’origine, il lui est facile de saisir la réalité des choses.

Il a été dit  :

وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم

(wama ya’lamou ta-wilahou il-lal-Lahou war-raçikhouna fil-‘ilm) ce qui signifie  : «  Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science », c’est comme s’Il avait dit  : « et ceux qui sont versés dans la science aussi le connaissent et disent nous avons cru en cela  ». En effet, la croyance en quelque chose n’est concevable qu’après avoir en avoir eu connaissance. Quant à la chose qu’on ne peut pas connaître –ne serait-ce que d’un point de vue–, la croyance en elle ne peut pas en résulter. Pour cette raison, Ibnou ‘Abbas a dit   : « Je fais partie de ceux qui sont versés dans la science ». Fin de la citation de l’Imam Al-Qouchayri.

Voir la citation de Al-Qouchayri, rapporté par Az-Zabidi tome 2 pages 178 -179 :

      

On a donc bien démontré que la parole de celui qui dit que le ta-wil n’est pas permis est une confusion et une ignorance, et qu’elle est démontée par la parole que le Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) a dite à Ibnou ‘Abbas  :

[extrait par Ibnou Majah dans ses Sounan] (Allahoumma ‘allimhoul-hikmata wa ta-wilal-Kitab) ce qui signifie    : « Ô Allah, fais qu’il apprenne la sagesse et l’interprétation du Livre. »

Voir le livre Sounan Ibnou Majah :

   

Non seulement cela, mais le hafidh Ibnoul-Jawzi le Faqih Hambali qui est à lui seul une armée contre les hambali anthropomorphistes, et combien ils se sont multipliés, dans son livre Al-Majalis a intensifié sa réprobation et sa dénonciation de qui renie le ta-wil et il s’est étendu à ce sujet. Parmi les choses qu’il rapporte  : «  alors comment peut-il dire que les salaf n’ont pas utilisé le ta-wil alors qu’il est rapporté dans le sahih que Ibnou ‘Abbas lui avait présenté de l’eau pour le woudou et qu’il avait dit:

((اللهم فقِّهْهُ قي الدين وعلِّمهُ التأويلَ))

(Allahoumma faqihhou fid-din wa’allimhout-ta-wil) ce qui signifie : «  Ô Allah, augmente-le en connaissances des lois de la religion et enseigne-lui l’interprétation. »

Alors de deux choses l’une : soit le Messager a voulu faire une invocation en sa faveur, soit il a invoqué contre lui. Or il est indispensable que tu dises qu’il a voulu faire une invocation en sa faveur et non pas contre lui. Et si le ta-wil était interdit, cela aurait été une invocation contre lui et non pas en sa faveur. Ensuite on dit : de deux choses l’une, soit tu dis que l’invocation du Messager n’est pas exaucée, et ce n’est pas vrai    ; et si tu dis qu’elle est exaucée, tu auras quitté ta ligne de conduite et ta parole qu’ils n’utilisaient pas l’interprétation sera caduque. Et comment puisque Allah dit    :

وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْم

[Souratou Ali ‘Imran / 7] (wama ya’lamou ta-wilahou il-lal-Lahou war-raçikhouna fil-‘ilm) ce qui signifie : «  Et ne sait son interprétation que Allah et ceux qui sont versés dans la science  ».

Fin de la première partie, à suivre… incha-a l-Lah.

Ibn taymiyya prétend que l’enfer aurait une fin (partie 1)

Ibn taymiyya prétend que l’enfer aurait une fin et que le châtiment des mécréants y prendrait fin (partie 1)

Parmi les égarements les plus graves de Ibnou Taymiyya, il y a sa prétention que l’enfer aura une fin ; son élève Ibnoul-Qayyim l’a suivi sur ce point. Ibnou Taymiyya a dit dans son livre nommé «  ar-raddou ‘ala man qala bifana-i l-janati wa n-Nar » (page 67) :

« Dans le Mousnad de At-Tabaraniyy, il est cité qu’il y poussera du cresson (al-jarjir), de ce fait il est indispensable qu’il s’anéantisse selon le Livre, la Sounnah, ainsi que la parole des compagnons, sachant que ceux qui sont d’avis qu’il ne s’anéantira pas n’ont pour eux ni Livre, ni Sounnah ni paroles des compagnons. » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Ibn Taymiyya :

   

Ensuite il a prétendu dans le même livre concernant la parole de ceux qui croient en l’éternité de l’enfer en s’appuyant sur l’Unanimité, que dans cette question l’unanimité n’est pas connue et qu’il ne confirme pas qu’il y aurait une unanimité à son sujet. Puis il prétend que la parole selon laquelle l’enfer aurait une fin aurait deux avis connus des Salaf et des Khalaf, et que cela aurait été rapporté par ‘Oumar  et Ibn Mas’oud,  Abou Hourayrah, Abou Sa’id et autres.

Pour vérifier la véracité de nos propos, voici les passages d’Ibn Taymiyya dans son propre livre :

            

Nous disons : en ce qui concerne ce qu’il a prétendu, c’est une opposition aux textes univoques du Qour-an, une opposition à la Sounnah confirmée faisant l’objet de l’avis concordant des savants sur son authenticité et une opposition à l’Unanimité de la communauté.

Quant à sa contradiction avec les ayah du Qour-an prouvant l’éternité sans fin de l’enfer et la continuité du châtiment des mécréants sans interruption et à jamais, elles sont nombreuses. Parmi elles, il y a Sa parole ta’ala :

{ إِنَّ ٱللَّهَ لَعَنَ ٱلكَـٰفِرِينَ وَأَعَدَّ لَهُم سَعِيرًا خَـٰلِدِينَ فِيهَا أَبَدًا لَّا يَجِدُونَ وَلِيًّا وَلَا نَصِيرًا }

[souratoul-Ahzab/64-65] qui signifie : « Certes Allah a maudit les mécréants et leur a préparé un feu intense dans lequel ils resteront pour toujours et dans lequel ils ne trouveront ni protecteur ni consolateur. »

Et sa parole ta’ala :

[souratout-Tawbah/68] qui signifie : « Allah les éloigne de tout bien et ils auront un châtiment sans fin. » ;

Et il y a Sa parole ta’ala :

[souratoul-Baqarah/167] qui signifie : « Et eux, contrairement aux autres, ne sortiront pas du feu. »

Et il y a Sa parole ta’ala :

[souratoun-Niça/168-169] qui signifie : « Certes ceux qui ont mécru et ont commis la mécréance, Allah ne leur pardonnera pas et ne leur facilitera aucune autre voie que celle de l’enfer dans lequel ils resteront pour toujours, et ceci est chose aisée pour Allah » ainsi que beaucoup d’autres ‘ayah.

D’autre part, le Hafidh, le Moujtahid Taqiyyoud-Din As-Soubki dans son épître Al-I’tibar bi Baqa-il-Jannati wa n-Nar grâce à laquelle il réplique à Ibnou Taymiyya au moyen de quelques soixante ‘ayah a mentionné :

« Bien au contraire, sa parole ta’ala :

[souratoul-Isra/97] qui signifie : «  nous augmentons pour eux l’intensité du feu » est suffisante pour mettre en pièce ce qu’a prétendu Ibnou Taymiyya et autres que lui. »

Quant à son opposition au hadith sûr et confirmé, il y a ce qu’a rapporté Al-Boukhari dans le Sahih de Abou Hourayrah qui a dit : Le Prophète (salla l-Lahou ‘alayhi wa sallam) a dit (ce qui signifie) : « Il sera dit aux habitants du Paradis : Ô gens du Paradis, vous aurez une existence éternelle sans plus de mort ; et il sera dit aux habitants de l’enfer : Ô gens de l’enfer : vous aurez une existence éternelle sans plus de mort. »

Et il y a ce qu’ont rapporté les deux Chaykh (Al-Boukhari et Mouslim) de Ibnou ‘Oumar que Allah les agrée : Le Messager de Allah a dit (ce qui signifie) : « Lorsque les gens du paradis seront au paradis et que les gens de l’enfer seront en enfer, on fera venir la mort jusqu’à l’amener entre le paradis et l’enfer, puis on l’égorgera ; ensuite un héraut appellera : « Ô gens du Paradis, vous n’aurez plus de mort ; Ô gens de l’enfer : vous n’aurez plus de mort ; alors la joie des gens du paradis augmentera encore plus et l’affliction des gens de l’enfer sera encore plus intense. »

Voir les scans de ces hadith :

 

Le Hafidh Ibn Hajar a dit dans Al-Fath :

« Al-Qourtoubi a dit : Il y a dans ces hadith l’explicitation que les gens de l’enfer y resteront à jamais sans fin, et qu’ils y passerons leur existence pour toujours sans plus mourir, sans vie profitable ni aucun soulagement, comme Il le dit ta’ala :

[souratou Fatir/36] qui signifie : « Il ne seront pas achevés de sorte qu’ils meurent et rien ne leur sera épargné de son châtiment. » et Sa parole ta’ala :

[souratous-Sajdah/20] qui signifie : « Chaque fois qu’ils voudront en sortir, ils y seront renvoyés. » Par conséquent, si quelqu’un prétend qu’ils sortiront de l’enfer et que l’enfer se retrouvera vide ou qu’il s’anéantira et disparaîtra, il aura rejeté les implications de ce avec quoi est venu le Messager et de sur quoi les gens de la Sounnah ont été unanimes » Fin de citation.

Quant à ceux qui disent que son châtiment prendra fin et que ses habitants en sortiront en prenant pour argument ce qu’a extrait ‘Oubad Ibnou Houmayd dans son Tafsir de l’un des compagnons de la version de Al-Haçan, de ‘Oumar, qu’il aurait dit : « Si les gens de l’enfer séjournaient dans l’enfer le temps que s’écoule le sable, ils verraient un jour dans lequel ils en sortiraient » Ibnou Hajar Al-‘Asqalani a dit dans Al-Fath (tome 13 page 531) :

« sa chaîne est interrompue » Fin de citation.

Puis il (Ibnou hajar) a dit :

« J’ai dit : Ce texte de ‘Oubad de ‘Oumar, s’il était confirmé, on le ferait porter sur les croyants en l’unicité, et l’un des historien a penché vers ce septième avis en l’appuyant de plusieurs points de vue spéculatifs, or ceci est une mauvaise voie que l’on rejette de la part de celui qui l’emprunte. Le grand Soubki s’est d’ailleurs étendu sur le sujet en démontrant son inanité, et il a bien fait » Fin de citation.

Voir le scan du livre de Ibn Hajar Al-‘Asqalani :

   

Ces deux hadith sont univoques à confirmer que les gens de l’enfer resteront en enfer éternellement sans interruption. Or Ibnou Taymiyya a rejeté ces deux hadith par un avis de sa part sans avancer la moindre preuve sinon un texte de ‘Oubad de ‘Oumar Ibnoul-Khattab, que Allah l’agrée, dont la chaîne interrompue n’est pas sûre comme on l’a dit précédemment. Comment a-t-il pu rejeter le texte univoque du Qour-an et de la Sounnah et se baser sur ce texte dénué de confirmation pour appuyer cette contradiction avec la religion que Allah ta’ala agrée ?

Il a rejeté le texte univoque du Qour-an et de la Sounnah par une analogie invalide qu’il s’est imaginé être une analogie raisonnable et qu’il a mentionnée dans l’un de ses livres consacré à ce sujet par lequel il a dévié de la communauté. En effet l’avis de l’anéantissement de l’enfer n’a été confirmé d’aucun imam.  En outre, il s’est contredit lui-même puisqu’il a mentionné dans son livre Al-Minhaj que le paradis et l’enfer sont éternels et ne s’anéantissent pas par Unanimité des musulmans à ce sujet, et que seul Jahm Ibnou Safwan a contredit en cela, les musulmans l’ayant déclaré mécréant ; puis il est tombé dans la moitié du trou dans lequel était tombé Jahm et par son propre écrit, il s’est déclaré mécréant lui-même.

Parmi les choses qui indiquent ce que nous avons avancé dans le hadith sahih, il y a ce qu’a rapporté Mouslim dans son Sahih de Abou Hourayrah du Prophète qu’il a dit (ce qui signifie) : « Qui entre au Paradis sera heureux et ne perdra plus espoir, ses habits ne s’useront plus et sa jeunesse ne passera jamais »

   

Al-Mounawi a dit à la suite du hadith : « Ceci est explicite pour confirmer que le Paradis est éternel et qu’il ne s’anéantira pas, et l’enfer pareillement ; Jahm Ibnou Safwan a prétendu qu’ils s’anéantiront parce qu’ils sont entrés en existence, mais aucun des gens de l’Islam ne l’a suivi, bien au contraire, ils l’ont déclaré mécréant pour cela. Certains ont été d’avis que l’enfer s’anéantira au contraire du paradis, Ibnoul-Qayyim tout comme son chaykh Ibnou Taymiyya, s’est répandu à faire vaincre cet avis dans plusieurs cahiers, ce faisant il est passé plus près de la mécréance que de la foi à cause de sa contradiction avec le texte du Qour-an, il a conclu ainsi son livre qui décrit le paradis » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Al-Mounawi :

   

Quant à l’Unanimité, elles s’est constituée sur l’éternité de l’enfer, comme l’a mentionné le Hafidh, le Moujtahid Taqiyyoud-Din As-Soubki, dans son épître Al-I’tibar bi Baqa-il-Jannati wan-Nar, qui a dit :

« Les musulmans ont été unanimes sur cette croyance et l’ont prise par transmission orale en tant que Khalaf de Salaf de leur Prophète, et cette croyance est implantée dans la nature même des musulmans, c’est une chose bien connue qu’elle fait partie de la religion comme si c’était une évidence ; d’autant plus que les autres communautés en dehors des musulmans y croient aussi : si quelqu’un le rejette, il est mécréant » Fin de citation.

Voir les scans du livre de As-Soubki :

As-Soubki - enfer 1   سبكي 3

At-Taftazani a dit dans son commentaire de La Croyance de An-Naçafi :

« Les Jahmiyyah sont allés dans le sens que le paradis et l’enfer s’anéantiront et que leurs habitants s’anéantiront, c’est un avis invalide qui contredit le Livre, la Sounnah et l’Unanimité ; il n’y a pas l’ombre d’un doute à son sujet et encore moins de preuve. »

Voir les scans du livre de At-Taftazani :

   

Al-Qourtoubi a également rapporté l’unanimité dans son livre At-Tadhkirah. voir ici :

   

On a donc montré et manifesté clairement l’opposition de Ibnou Taymiyya aux textes. Or Najmoud-Din An-Naçafi a dit dans sa célèbre Croyance : « L’opposition aux textes est de la mécréance. » Et At-Tahawi a dit : « Si quelqu’un s’oppose au jugement du Livre, il fait partie des mécréants. »

Que ceux qui ont suivi Ibnou Taymiyah se fassent donc miséricorde envers eux-mêmes.

Fin de la première partie, à suivre… incha-a l-Lah.

Ibn Taymiyya attribut la position assise à Dieu (partie 1)

Ibn Taymiyya attribut la position assise à Dieu (partie 1)

Sa parole que Allah ta’ala serait assis est confirmée de sa part même si certains de ses adeptes le nient tant ils trouvent cela laid. Il l’a pourtant cité dans son livre Minhajou s-Sounnati n-Nabawiyyah, (Tome 1 Page 377) on cite ce qu’il a écrit :

« Ensuite, l’ensemble des gens de Ahlou s-Sounnah disent qu’Il descend sans que le Trône ne se vide de Sa présence comme l’a rapporté Ishaq Ibnou Rahawayh et Hammad Ibnou Zayd ainsi que d’autres qui l’ont rapporté de Ahmad Ibnou Hambal dans sa Riçalah » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Ibn Taymiyya :

   

Or ceci est une pure calomnie sur Ahlou s-Sounnah et il aurait été incapable d’apporter une seule expression de l’un d’entre eux. Ce sont proprement des racontars propagés sur les imams tout comme il a propagé des racontars dans la question de la visite des tombes des prophètes et des saints pour y faire des dou’a dans l’espoir de l’exaucement. Sans compter qu’il a fait l’aveugle sur ce qu’ont pratiqué les Salaf et les Khalaf, génération après génération en se rendant auprès des tombes dans l’espoir d’être exaucé par Allah.

Il a dit dans son livre Charhou Hadithi n-Nouzoul :

« Le troisième avis qui est le bon et qui est ce qui a été reçu des Salaf de la communauté et de ses imams, c’est qu’Il demeure sur le Trône sans que le Trône ne se vide de Sa présence lorsqu’Il s’abaisse et descend jusqu’au ciel du bas monde, sans que le trône ne soit au-dessus de Lui. » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Ibn Taymiyya :

   

Il a également dit à ce sujet dans ses Fatawa (Tome 3 Page 325) :

« Ahlou s-Sounnah a dit au sujet de Sa parole {الرحمن على العرش استوى} [Souratou TaHa/5] : L’Istiwa de la part de Allah sur Son Trône glorieux est à prendre au sens propre et non pas au figuré. » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Ibn Taymiyya :

   

C’est Abou Hayyan Al-Andalouçi, le spécialiste de la langue arabe, l’exégète, le spécialiste des lectures du Qour-an, dans son tafsir intitulé An-Nahr, (Tome 1 Page 254) qui a rapporté de lui cette croyance en disant :

« J’ai lu dans un livre de Ahmad Ibnou Taymiyya, celui dont nous sommes le contemporain, un manuscrit de sa propre main qu’il a appelé Kitaboul-‘Arch :  » Certes Allah s’assoit sur le Koursiyy et laisse un endroit libre pour y faire assoir à côté de Lui le Messager de Allah sallalLahou ‘alayhi wa sallam « . At-Taj Mouhammad Ibnou ‘Aliyy Ibnou ‘Abdil-Haqq Al-Barnabari a usé de subterfuge envers lui en se faisant passer pour un de ses propagandistes jusqu’à s’en emparer et que nous lisions cela dedans. » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Abou Hayyan Al-Andalouçi :

   

Abou Hayyan Al-Andalouci a rapporté que cela avait été supprimé de la version imprimée originale, mais que la copie manuscrite le comportait. La cause de la suppression dans la version imprimée, c’est ce qu’a dit Az-Zahid Al-Kawthari dans ses remarques sur As-Sayf (Page 75) :

« L’authentificateur de l’impression des éditions As-Sa’adah m’a raconté qu’il avait jugé cela vraiment abominable et qu’il l’avait supprimé lors de l’impression afin que les ennemis de la Religion n’en profitent pas, et m’a prié de consigner cela ici afin que l’on puisse avoir connaissance de ce qu’il en était et de pouvoir porter conseil aux musulmans. » Fin de citation.

Voir les scans du livre de Al-Kawthari :

   

Que toute personne douée de raison considère dans quoi pataugeait Ibnou Taymiyya au point de dire une fois que Allah serait assis sur le Trône et une autre fois qu’Il serait assis sur le Koursiyy, alors qu’il est confirmé dans le hadith que le Koursiyy est au Trône ce que l’anneau est au désert ; comment sa raison a-t-elle pu accepter une chose pareille ?

Fin de la première partie, à suivre… incha-a l-Lah.